Lors de mes études à l’ITIRI, un professeur nous avait expliqué que la piètre qualité des textes sources représentait la difficulté majeure pour les traducteurs professionnels. Je n’avais pas idée à quel point cela pouvait être vrai.

Les textes auxquels les étudiants de traductions sont confrontés sont généralement de bonne, voire d’excellente qualité : contrats, articles de presse, textes littéraires… Une fois sur le marché du travail, la réalité est bien différente. Une grande partie du corpus de langue anglaise est rédigé par des non-natifs, et cela se ressent.

Dans le domaine des ONG plus spécifiquement, de nombreux rapports sont rédigés sous la contrainte de temps et les auteurs prennent rarement le temps d’effectuer ne serait-ce qu’une simple relecture. On obtient alors parfois des textes qui peuvent se révéler un cauchemar absolu pour le traducteur :

  • Erreurs de genre ou de pluriel. Le traducteur/trice, qui connaît peu ou pas le site, ne sait pas si l’on parle d’une ou de plusieurs personnes, d’un homme ou d’une femme. Dans certains cas, cela pose un problème majeur de traduction.
  • Termes mal orthographiés: le traducteur/trice ne retrouve pas le mot parce qu’il lui manque une ou plusieurs lettres. Pour le cas du français, je pense notamment à des termes spécifiques à une région, un pays. Le cas de figure est récurrent pour des pays où l’on parle le créole (Haïti, Burundi, etc.).
  • Les phrases sont déstructurées, voire incomplètes. Le cas est plus fréquent qu’on ne l’imagine. L’auteur commence sa phrase sur une idée pour la finir sur une autre. La structure de la phrase est alors généralement à revoir complètement. Parfois même, la phrase s’arrête en plein milieu : l’auteur a probablement été interrompu par un coup de téléphone et n’a jamais fini sa phrase.

Mael Le Ray